have a laugh

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4 mars 2011

puisqu'enfin tout vas tout savoir sans apprendre, désapprends donc ce qui ne t'a rien fait savoir - Léon-Paul Fargue


dans le troisième épisode de Sherlock Holmes (BBC series), cher Dr. Watson s'indigne du fait que, bien que son pote Holmes ait une capacité de déduction et une mémoire tout à fait remarquable, celui-ci ait de grandes lacunes dans certains domaines de savoir basique - le système solaire, par exemple. sur ce, Sherlock s'énerve : à quoi celà lui serve-t-il de savoir que c'est la Terre qui tourne autour du soleil et non l'inverse ? cela ne l'avance à rien ! et puis de toute façon, les gens s'encombrent la tête avec un savoir inutile alors que lui garde de la place pour les détails vraiment importants.

ma question ce soir est donc : le savoir que nous amassons est-il vraiment inutile ?

il y a bien-sûr cette éternelle polémique à propos du contenu des cours à l'école. les uns avancent que la plupart des choses qu'on nous apprend ne serviront jamais une fois quittés les bancs de l'école (et franchement, ça m'étonnerait que la racine carré de 8 me soit redemandée de près où de loin dans les années qui suivront). et d'un certain point de vue, à quoi cela me sert-il, à part peut-être à épater la galerie, de pouvoir citer les cinq declinaisons latines (avec quelques trous - soyons honnêtes) ou MacBeth ? 
savoir inutile, donc ? 
le contre-argument généralement avancé dans cette discussion, c'est que même si ce savoir ne nous sert pas forcément au quotidien (tu parles ! je n'aimerais pas vivre dans un monde où en échange d'un pain, on me demanderait d'égaliser une équation au lieu du 'traditionnel' euro), il sert à nous apprendre à penser. "apprendre à penser"... ça sonne bien, non ? je trouve que c'est une chose fort importante ça, savoir penser. mais y a-t-il une seule manière d'apprendre à penser ? j'en doute...

il est vrai, le savoir, la science, tout cela change avec l'air du temps, les convictions, les croyances, les coutumes, les populations - bref, tout ce qui constitue ce terme générique : la société. il y a quelques siècles, tout le monde était convaincu que la terre était plate. aujourd'hui, nous croyons que la terre est ronde (plus ou mois) et qu'elle tourne autour du soleil. mais, et dans 500 ans ? 
ce qu'on appelle 'le savoir' est donc en grande partie défini par ce qui est considéré comme 'juste' à une certaine période.
mais dans un monde où la seule permanente est le changement, pourrait-on vraiment prétendre qu'il existe un savoir immuable, universel même ? je ne crois pas, non.

et pourtant, nombreux sont ceux qui sont morts, simplement parce qu'ils savaient une chose qu'il valait mieux ignorer. à quoi servent les médias ? à nous faire savoir ce qu'il se passe dans le monde. la première chose qu'il faudrait faire pour nous plonger dans le chaos, serait de couper tous les moyens de communication pour qu'on ne sache pas ce qu'il se passe ailleurs. 

ne pas savoir, ça laisse une grande part d'inconnu. l'inconnu nous fait peur, toujours. 
le savoir nous sort de l'ignorance (ou pour la métaphore : nous ouvre les yeux), nous rend moins vulnérable parce qu'il nous révèle un peu d'inconnu et avec ça, nous ôte un bout de peur. 

savoir inutile ? je ne pense pas non. je dirais même plus : ce sont deux termes foncièrement incompatibles. (d'ailleurs, je crois même qu'il faudrait rayer le mot 'inutile' du dictionnaire - rien n'est inutile. mais ça, c'est une autre discussion).

mais il ne faut pas oublier, on ne peut pas tout savoir. heureusement d'ailleurs ;

vivre est plus important.


sur la photo : K., A., J. et S.

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