have a laugh

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2 février 2011

un, deux... quatre

sur la photo: M.

le monde est derrière la fenêtre. je l'entends qu'il toque, tambourine, martèle contre ma porte. je sais bien qu'il ne pourra pas l'ouvrir; rien ne pourra m'ouvrir. sauf peut-être moi même ?
et pourtant dans mes veines, mon coeur envoye une armée d'adrénaline pourchasser mes peurs. mes yeux indécis préfèrent se rejoindre pour discuter, afin de déterminer à coup de de pierre-papier-ciseaux qui a raison. mes principes commencent à s'éparpiller aux quatre coins de moi-même, comme des petites araignées effrayées qui cherchent un coin d'ombre. c'est perdu d'avance : le monde viendra les tirer un à un de leur cachette, les secouera, les malmènera, les écrabouillera sans pitié pour voir lesquels survivront - c'est la sélection naturelle. mes lèvres ont quelques problèmes de communication avec l'ordinateur central. faut dire aussi que celui-ci lance des ordres contradictoires : au grand sourire émerveillé succède la grimace indécise du 'j'ose pas', suivie elle-même d'un mordillement de lèvre signifiant: "pourquoi pas ?".
pourquoi pas ? "parce que c'est complètement épuisant de vouloir quitter le confort de ce qu'on connaît déjà !" entends-je depuis le tas de couverture sous lequel s'est réfugiée ma paresse. ce qui n'est pas faux. mais qui ne danse jamais sur la table de peur de tomber - ou pire : de se ridiculiser -, ne verra jamais les choses d'en haut.
mes yeux n'arrivent pas à se mettre d'accord. leur motif : même s'ils acceptent de regarder le monde, ils savent que ce qu'ils verront sera seulement ce qu'il seront prèts à voir. "comment savoir alors si c'est le vrai monde ?" lancent-ils.
le monde a entendu. "il n'y a pas de vrai ou de faux; il n'y a pas de bon ou mauvais. il y a juste ton monde." répond-t-il.
"pas très rassurant tout ça..." remarque la petite moi en train de se mordiller les ongles, recroquevillée dans un coin de ma narine droite.
pendant ce temps, mes orteils jouent au loup, puis à saute-mouton avec mes mains en braillant à tue-tête: "OUVRIRA ? OUVRIRA PAS ! OUVRIRA ! OUVRIRA PAS ? OUV..."

ouvrira ?
ouvrira pas ?




question superflue.
passée inaperçue dans ce capharnaüm car silencieuse, liberté s'était levée sans hésitation.


la porte est déjà entrouverte.

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